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Bienvenue sur le site ! Bonne et heureuse année 2019.

Coucher de soleil, 16 janvier 2019.

Vous aimez les mathématiques?

Vous avez bien raison parce que, aujourd’hui, s’initier à et pratiquer cette discipline ne consiste plus à se cacher derrière une montagne de livres portant des hiéroglyphes incompréhensibles ou des formules à apprendre par cœur.

Faire des mathématiques, c’est apprendre à systématiser les liens que les objets ou les êtres peuvent entretenir entre eux. Cette aptitude passe donc d’abord par une observation attentive de ces objets et des êtres qui nous entourent. Il faut comprendre un peu la nature, la vie et les gens pour pouvoir se lancer.

Les mathématiques, après tout, ne sont qu’une forme sophistiquée et extrêmement condensée de langage ; un peu comme la musique. Elles sont l’art de symboliser ces liens et les règles qui les régissent. Elles sont, en cela, une forme d’abstraction difficile mais pas nécessairement inaccessible, pour peu qu’on y consacre un peu de temps.

Le site change très légèrement de style. Vous trouverez désormais en page d’accueil (voir ci-dessous) des thèmes d’actualité ayant tous un rapport avec la recherche scientifique. Les articles, forcément toujours un tantinet plus polémiques, seront présentés depuis le menu supérieur. Bonne lecture.

16 janvier 2019

La fonte des glaces de l’Antarctique

L’Antarctique fond plus et plus vite que prévu

Jusqu’à présent les chercheurs partaient du principe que la côte Est du sixième continent terrestre (+ : lien externe Wikipédia France) était relativement protégée et stable. Une étude récente* vient démentir ce point de vue relayé entre-autre dans la revue allemande « Spiegel online+ » du 15 janvier 2019.

 

En cause : le réchauffement de la planète bleue et sa conséquence sur les courants marins. De nombreuses mesures montrent que le réchauffement se manifeste préférentiellement dans les eaux salées circumpolaires.

 

Des études plus anciennes avaient déjà révélé une fonte notable des glaces mais elles semblaient indiquer que le phénomène ne concernait que la côte Ouest et la presqu’île pointant en direction de la Patagonie (Amérique du Sud). Ce nouveau travail se base sur une série de mesures réalisées en 176 endroits différents, tous situés à la périphérie du continent, entre 1979 et 2017. Les chiffres parlent d’eux-mêmes :

 

           De 1979 à 1989 : 40 gigatonnes par an (Gt/an)

           1990 à 1999 : 50 Gt/an

           2000 à 2009 : 166 Gt/an

           2010 à 2017 : 252 Gt/an

 

Pour comparaison : le lac de Constance (lien externe Wikipédia France) représente une quantité de 50 Gt. Ceci veut dire qu’une quantité d’eau équivalente à cinq fois le lac de Constance vient s’ajouter chaque année à la masse océane qui s’est élevée 14 millimètres entre 1979 et 2017.

 

Ces chiffres confirment et surpassent les estimations données dans un article** datant de juin 2018 et paru dans la revue « Nature » (1992 à 2012 : 76 Gt/an ; 2012 à 2017 : 219 Gt/an) rendant compte des travaux réalisés par l’Université de Leeds+ en Grande-Bretagne. Le niveau de la mer s’est élevé de 7,6 millimètres entre 1992 et 2017. Les membres de l’équipe impliqués dans cette précédente étude rappellent que la fonte de la totalité des glaces de l’Antarctique aboutirait à un relèvement du niveaux des océans de 58 mètres. Ils mettent bien entendu en garde les divers gouvernements du monde contre les effets catastrophiques de cette élévation pour les villes côtières.

 

Dans tous les cas de figure, le réchauffement estimé indique actuellement une augmentation de la température moyenne allant de 0,9 à 3 degrés Celsius et il génère une fonte aboutissant à une élévation du niveau de la mer qui, selon les estimations, varie de 6 à 27 centimètres … d’ici à 2070.

 

Tous ces articles se contentent de constater des faits mesurables ; ils ne disent rien sur les causes réelles du réchauffement, notamment sur la question très controversée d’un lien éventuel avec l’augmentation de la population humaine*** et des activités que celle-ci engendre. Ils se contentent d’attirer notre attention sur un phénomène physique qui doit interpeler les gestionnaires de ce monde.

 

© Thierry PERIAT, 16 janvier 2019.

 

Bibliographie

*Source : [[www.pnas.org/content/early/2019/01/08/1812883116]]

** Source : Mass balance of the Antarctic Ice Sheet from 1992 to 2017; Nature, Analysis, [[https://doi.org/10.1038/s41586-018-0179-y]] 14 June 2018, Vol 558, p. 229.

Source*** : https://fr.wikipedia.org/wiki/Population_mondiale

La fusion nucléaire

Wendelstein 7-X: c’est le petit nom donné par nos voisins allemands* à l’une de leurs quatre installations de fusion nucléaire (+ = lien externe Wikipédia – France) ; le petit frère du projet international ITER+ à Cadarache, en quelque sorte.

 

Niché près de la ville de Greifswald (Université+), à quelques kilomètres des côtes de la Baltique, l’engin de seize mètres sur seize est le fruit d’un lent travail. Car il aura fallu dix ans pour en planifier l’existence et encore autant pour que la machine voit le jour. Les expériences ont cependant débuté en 2015.

 

Au-delà des prouesses théoriques, scientifiques et techniques que représentent la réalisation et la maîtrise de la fusion nucléaire, il y a la nécessité de satisfaire cette insatiable besoin d’énergie et l’espoir d’utiliser des énergies moins dangereuses ou moins polluantes.

 

Inutile de dire que ce dernier argument est loin de faire l’unanimité et qu’il est naïf de penser qu’un processus de fusion soit exempt de radioactivité ! Pour autant, si la fission consomme des centaines de tonnes de matériaux radioactifs, la fusion n’a besoin que de quelques grammes. Globalement, cette mutation devrait donc représenter un bonus pour l’humanité.

 

Ceci explique pourquoi notre voisin oriental immédiat (l’Allemagne), ayant fait le choix de sortir du nucléaire -et bien que les énergies solaires et éoliennes représentent aujourd’hui déjà dix-huit pour cent de ses sources d’énergie- tente de compenser la perte générée par la fermeture programmée des mines de charbon (la dernière mine en service a fermé en octobre 2018) et des centrales nucléaires classiques par la production d’une autre forme de courant.

 

Si la stratégie se comprend aisément et peut inspirer utilement d’autres pays européens, elle reste l’objet d’âpres débats, tant au niveau des scientifiques que des acteurs décisionnaires. Pendant que certains souhaitent l’arrêt total du projet, d’autres font remarquer que la fusion ne peut s’obtenir qu’à l’aide de grandes installations fort couteuse ; or, en 2018, les projets allemands de fusion nucléaire ont reçu trois fois moins de subventions que ceux destinés à la mise en œuvre d’énergies alternatives moins polémiques.

 

A titre indicatif, le projet ITER va engloutir vingt milliards d’euros d’ici 2035 alors que l’Allemagne fédérale consacre un peu moins de cent quarante millions d’euros annuellement à son projet. Il semble donc meilleur marché. Les deux projets ne sont cependant pas totalement concurrentiels et exclusifs l’un de l’autre puisque, techniquement, l’Allemagne réalise dans ses installations le travail précurseur et pionnier indispensable à la mise en route d’ITER. La première production est attendue pour 2022, autant dire demain.

 

Les espoirs soulevés par ce projet dépassent toutefois largement les frontières germaniques et européennes puisque des sociétés canadiennes et américaines investissent déjà massivement dans un certain nombre de start-ups. Cet engouement est largement justifié par le fait que, malgré les critiques, le succès assurerait à l’humanité de sortir pour la première fois de son histoire d’une dépendance aux énergies fossiles. Dans tous les cas de figure, et quoiqu’il arrive, la production massive, effective et stable de ce nouveau courant -jugé propre en comparaison avec d’autres- doit intervenir au plus tôt vers 2050 …  

 

© Thierry PERIAT, 16 janvier 2019.

 

Source* : Handelsblatt+, Strom aus Kernfusion soll die Energiewelt revolutionieren; 14 Januar 2019.