L’Antarctique fond plus et plus vite que prévu

Jusqu’à présent les chercheurs partaient du principe que la côte Est du sixième continent terrestre (+ : lien externe Wikipédia France) était relativement protégée et stable. Une étude récente* vient démentir ce point de vue relayé entre-autre dans la revue allemande « Spiegel online+ » du 15 janvier 2019.

 

En cause : le réchauffement de la planète bleue et sa conséquence sur les courants marins. De nombreuses mesures montrent que le réchauffement se manifeste préférentiellement dans les eaux salées circumpolaires.

 

Des études plus anciennes avaient déjà révélé une fonte notable des glaces mais elles semblaient indiquer que le phénomène ne concernait que la côte Ouest et la presqu’île pointant en direction de la Patagonie (Amérique du Sud). Ce nouveau travail se base sur une série de mesures réalisées en 176 endroits différents, tous situés à la périphérie du continent, entre 1979 et 2017. Les chiffres parlent d’eux-mêmes :

 

           De 1979 à 1989 : 40 gigatonnes par an (Gt/an)

           1990 à 1999 : 50 Gt/an

           2000 à 2009 : 166 Gt/an

           2010 à 2017 : 252 Gt/an

 

Pour comparaison : le lac de Constance (lien externe Wikipédia France) représente une quantité de 50 Gt. Ceci veut dire qu’une quantité d’eau équivalente à cinq fois le lac de Constance vient s’ajouter chaque année à la masse océane qui s’est élevée 14 millimètres entre 1979 et 2017.

 

Ces chiffres confirment et surpassent les estimations données dans un article** datant de juin 2018 et paru dans la revue « Nature » (1992 à 2012 : 76 Gt/an ; 2012 à 2017 : 219 Gt/an) rendant compte des travaux réalisés par l’Université de Leeds+ en Grande-Bretagne. Le niveau de la mer s’est élevé de 7,6 millimètres entre 1992 et 2017. Les membres de l’équipe impliqués dans cette précédente étude rappellent que la fonte de la totalité des glaces de l’Antarctique aboutirait à un relèvement du niveaux des océans de 58 mètres. Ils mettent bien entendu en garde les divers gouvernements du monde contre les effets catastrophiques de cette élévation pour les villes côtières.

 

Dans tous les cas de figure, le réchauffement estimé indique actuellement une augmentation de la température moyenne allant de 0,9 à 3 degrés Celsius et il génère une fonte aboutissant à une élévation du niveau de la mer qui, selon les estimations, varie de 6 à 27 centimètres … d’ici à 2070.

 

Tous ces articles se contentent de constater des faits mesurables ; ils ne disent rien sur les causes réelles du réchauffement, notamment sur la question très controversée d’un lien éventuel avec l’augmentation de la population humaine*** et des activités que celle-ci engendre. Ils se contentent d’attirer notre attention sur un phénomène physique qui doit interpeler les gestionnaires de ce monde.

 

© Thierry PERIAT, 16 janvier 2019.

 

Bibliographie

*Source : [[www.pnas.org/content/early/2019/01/08/1812883116]]

** Source : Mass balance of the Antarctic Ice Sheet from 1992 to 2017; Nature, Analysis, [[https://doi.org/10.1038/s41586-018-0179-y]] 14 June 2018, Vol 558, p. 229.

Source*** : https://fr.wikipedia.org/wiki/Population_mondiale