xmlns:w=”urn:schemas-microsoft-com:office:word” xmlns:m=”http://schemas.microsoft.com/office/2004/12/omml” xmlns=”http://www.w3.org/TR/REC-html40″> La théorie de la question (E)

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Les mathématiques et la réalité

On peut effectivement et à juste titre se demander pourquoi les mathématiques sont devenues l’outil privilégié pour rendre compte de la réalité physique et pourquoi rendent-elles finalement si bien compte de cette réalité physique ?

 

Spontanément, comme ça et sans réfléchir, le solfège semble être le plus proche parent de cette manière de procéder ; en effet, les notes réparties sur les portées d’une partition selon des règles strictes rendent compte de manière abstraite d’une réalité musicale. Et celle-ci fait partie des réalités physiques (les sons) appréhendées par nos cinq sens. Le solfège peut donc raisonnablement s’interpréter comme un ancêtre des mathématiques. D’ailleurs, Pythagore dans sa grotte à Samos, étudiait déjà les harmonies produites par le son des cordes.

 

Dans une recherche visant à découvrir d’autres procédures similaires nous arriverons bien vite sur la notion de langage et de sa traduction écrite. Probablement avons-nous tous d’abord parlé, chanté et agit dans le monde physique avant de pouvoir en rendre compte de manière synthétique par un texte écrit, une partition ou un exposé de mathématique. Quoiqu’il en soit la démarche visant à fixer de manière condensée une partie de la réalité (le langage, le chant, l’effet photo-électrique) relève de l’envie de comprendre, de transmettre la chose comprise sans mouvoir la chose et de maîtriser son environnement.

 

Pour autant, si cette description reprend assez fidèlement la démarche suivie par l’humain depuis des millénaires, encore ne suffit-elle pas à expliquer pourquoi le code décrit aussi bien l’objet auquel il se rapporte.

 

Vouloir admirer l’adéquation entre certaines théories physiques et les mesures expérimentales destinées à les tester comme on admire un dieu ou un père relève de la bêtise. Tomber dans cette dévotion face à ce qui semblerait être de la magie, de l’ésotérisme, de la coïncidence transcendantale révèlerait un esprit faible et ne traduirait à mon sens en rien les efforts colossaux développés par des générations d’hommes et de femmes désireux d’appréhender rationnellement leur environnement. Il serait parfaitement faux et finalement injuste de croire que la pertinence actuelle des mathématiques résulte du hasard. Pour s’en rendre compte rapidement, rien de tel que de compulser les encyclopédies relatant de l’histoire des mathématiques (lien externe Wikipédia – FR). En d’autres mots : les mathématiques n’ont pas toujours eu leur formalisme et leur puissance actuels.

 

Et puis si les mathématiques traduisent la réalité, c’est que leur élaboration a toujours coïncidé avec la nécessité de résoudre un problème concret : « Comment calculer la surface d’un champ cultivé pour en déduire la taxe à payer par l’agriculteur ? » ; « Comment relier mes quinze dépôts de marchandises avec un minimum de camions -donc de chauffeurs- et de kilomètres parcourus ? » ; etc.

 

Rien n’est gratuit ou, plus exactement, l’humain ne se fait jamais mal au crâne sans raison. Il le fait par intérêt, par plaisir ou par passion !  

 

© Thierry PERIAT, première parution le 24 février 2014 ; relooké le 7 mars 2019.