La théorie de la question (E)

Quelques conseils généraux à destination des futurs étudiants chercheurs

Modeste contribution personnelle dans le cadre de Parcours-sup (lien externe vers le site officiel – un site du ministère français de l’éducation nationale)

« A quoi faut-il s’attendre et faire attention quand on souhaite faire de la recherche dans le monde de 2019 ? »

 

A) La preuve d’une expertise

Il faut pouvoir justifier d’une expertise. L’absence d’un diplôme (licence, maîtrise, doctorat) est désormais éliminatoire. Il n’est donc pas possible d’accéder à ces carrières sans réaliser un parcours menant à la délivrance d’une compétence reconnue nationalement ou/et internationalement (universités, écoles et instituts techniques, écoles d’ingénieur, etc.).

Il n’y a plus de place pour les amateurs dans le monde de la physique et des mathématiques ; la raison : ces disciplines sont destinées à servir de support à des applications concrètes et rémunératrices pour l’industrie.

Par ailleurs, que les étudiants et futurs chercheurs professionnels se le disent : l’appartenance à une institution (université, laboratoire, etc.) est aujourd’hui un préalable indispensable à l’inscription sur les sites des revues scientifiques professionnelles.

 

B) L’appartenance à une collectivité et le volet expérimental

La recherche se fait en groupe, au sein d’une équipe, et elle comporte obligatoirement un volet expérimental. C’est donc un travail collectif coordonné qu’il n’est pas possible de réaliser sur le bord de sa table de cuisine.

Même les mathématiciens ont besoin d’avoir accès à une littérature abondante et donc à des lieux de savoirs où ils seront guidés par leurs maîtres. Ce serait également avoir une vision démodée de croire que cette discipline ne débouche pas sur des applications concrètes essentielles (lien Wikipédia FR) dans bon nombre de domaines (industrie, bâtiment, sociologie, etc.). Aujourd’hui, s’initier à et pratiquer cette discipline ne consiste plus à se cacher derrière une montagne de livres portant des hiéroglyphes incompréhensibles ou des formules à apprendre par cœur. Faire des mathématiques, c’est apprendre à systématiser les liens que les objets ou les êtres peuvent entretenir entre eux. Cette aptitude passe donc d’abord par une observation attentive de ces objets et des êtres qui nous entourent. Il faut comprendre un peu la nature, la vie et les gens pour pouvoir se lancer. Les mathématiques, après tout, ne sont qu’une forme sophistiquée et extrêmement condensée de langage ; un peu comme la musique. Elles sont l’art de symboliser ces liens et les règles qui les régissent. Elles sont, en cela, une forme d’abstraction difficile mais pas nécessairement inaccessible, pour peu qu’on y consacre un peu de temps.

 

C) Le choix des sujets de recherche

Le sujet étudié doit être dans la continuité d’une lignée de problèmes dont les dernières étapes restent à débroussailler ou à confirmer. Ils seront probablement le sujet de votre thèse et de futurs articles. Choisir son sujet seul, sur une intuition sortie d’on ne sait où : celà ne se fait pas, ou plus.

 

D) La lecture et les techniques de rédaction

Les articles présentés doivent avoir le niveau technique ad hoc et les formalismes souhaités.

Une manière simple d’acquérir les réflexes nécessaires tout en poursuivant sa recherche consiste à simplement lire un maximum d’articles, de cours et d’ouvrages sur les sujets retenus ou étudiés. Ainsi, tout en apprenant, l’œil attentif retiendra les tournures de style et la structure générale des articles.

Outre les techniques de rédaction qui pourront être acquises au cours des études, les journaux dans lesquels il est décidé de faire paraître les résultats des recherches imposent eux-aussi des normes précises qu’il convient de respecter (Elles sont généralement indiquées dans l’ensemble des instructions destinées aux auteurs).

 

E) La connaissance du français et … de l’anglais

Comme la majorité des articles sont aujourd’hui écrits dans votre langue maternelle mais, et aussi en anglais/américain, il est recommandé d’entretenir la langue de Molière et d’apprendre la langue de Shakespeare. Concernant celle-ci, il est également possible de s’équiper de programmes de correction en ligne.

 

© Thierry PERIAT, version du 08 avril 2019.